... montrent une meilleure capacité de développement relègue au second plan les études sur les voilures tournantes qui ne seront reprises qu'après 1918.
Juan de la Cierva y Codorniu est né le 21 septembre 1895 à Murcie, en Espagne. Tout jeune (il n'a pas 23 ans), il se lance dans la fabrication d'aéroplanes et, en 1918, il construit un avion trimoteur. Au cours des essais, l'appareil est victime d'une perte de vitesse ; il s'écrase au sol, tuant son équipage. Le jeune-homme est fortement traumatisé par cet accident et décide que dorénavant, il va se consacrer à construire un appareil " qui ne décroche pas " ; pour ce faire, il va le doter d'une voilure tournante. L'idée de la Cierva est la suivante : sur le fuselage d'un avion classique, remplacer les ailes par une hélice sustentatrice appelée " rotor ". Il construit successivement, trois appareils (Cl, C2, C3) et rencontre, chaque fois, bien des problèmes qu'il cherche alors à résoudre sur des modèles réduits.
Il faut dire que malgré leur simplicité de principe, les appareils à voilure tournante rencontrent une difficulté qui semble rédhibitoire, car elle leur interdit purement et simplement d'avancer. En effet, dés qu'on cherche à animer l'appareil d'un mouvement de translation, la pale qui avance voit augmenter sa vitesse relative à l'air, cependant que celle qui recule la voit diminuer. Cela entraîne automatiquement un déséquilibre dans la sustentation (3) qu'il est quasiment impossible de contrer.
Ce n'est que lorsqu'il redécouvre le principe de l'articulation des pales sur l'axe, exposé par le colonel Renard à l'Académie des sciences le 7 décembre 1904, que la Cierva a l'idée géniale de laisser libre, dans le plan vertical, chacune des pales qui restent folles sur l'arbre. On peut penser, à priori, qu'elles vont tendre à se replier vers le haut ; il n'en est rien, car la force centrifuge est considérable. En définitive, chaque aile du moulin est libre et prend, en vol, une position d'équilibre déterminée par la résultante des forces centrifuges, de sustentation ou dues à la pesanteur et a l'inertie. Ultérieurement, la Cierva perfectionnera son montage par une double articulation qui donne aux pales un certain degré de liberté dans le plan horizontal.
La Cierva voit enfin s'envoler, le 9 janvier 1923, son exemplaire C4 qui accomplit, le 31 du même mois, un circuit de 4,500 Km, au dessus de l'aérodrome de Cuatro Vientos.
L'autogire se pilote plutôt comme un avion que comme un hélicoptère. En effet, le rotor n'est pas entraîné par le moteur, mais par le vent relatif dû au déplacement de l'appareil. Pour décoller, il doit donc faire usage d'une piste d'envol et ne peut pas décoller à la verticale d'un point particulier. De même, pour se poser, il doit conserver une certaine vitesse horizontale pour rester sur une pente de descente convenable qu'il contrôle par son régime moteur.
(3) La portance d'une voilure est proportionnelle au carré de la vitesse.