....voyait pas bien quelle serait son utilité d'un point de vue strictement militaire.
Au début des hostilités, la France déploie, sur le front, 134 avions d'une trentaine de marques et de types différents qui se répartissent en 21 escadrilles à six avions et deux escadrilles légères dites de cavalerie, à quatre avions(1).
MF 5 à Epinal, 8 à Nancy, 2 à Verdun, 16 à Chalons, 20 à Lyon ; sur Maurice Farman, 70 CV Renault
- HF 1 à Toul, 13 à Chalon, 19 et 20 à Lyon ; sur Henry Farman, 80 CV Rhône.
- Bl 9 à Epinal, 18 à Dijon, 3 et 10 à Belfort ; sur Blériot, 80 CV Rhône.
- V 14 et 21 à Chalons ; sur Voisin, 80 CV Rhône.
- Dep 4 à Maubeuge, 6 à Reims ; sur Deperdussin, 80 CV Rhône.
- Br 17 à Dijon ; sur Breguet, 120 CV Canton-Unné.
- N 12 à Reims ; Nieuport, 80 CV Gnome.
- Rep 15 à Reims ; Robert Esnault Pelteric, 80 CV Rhône.
- C 11 à Douai ; Caudron monoplace, 60 CV Gnome ou biplace, 80 CV Rhône.
- Bl.C 2 à Nancy, 4 à Reims ; Blériot (de cavalerie), monoplace 60 CV.
- A partir du 3 août, on créera une escadrille de Moranc-Saulnier, 80 CV Rhône ; une escadrille de Voisin, 120 CV Canton-Unné ; une escadrille de Dorand, 90 CV Anzani
Soyons honnêtes, les Allemands n'avaient pas beaucoup d'avions, non plus.
Le premier mois de guerre est, marqué par une retraite quasi continue des troupes françaises et anglaises. Les Allemands qui ont envahi la Belgique avancent à marches forcées vers Paris. C'est là que va se produire un événement qui aura une très grande importance, non seulement pour la poursuite des opérations, mais pour la détermination de la place que l'aéronautique est amenée à prendre désormais, dans les conflits futurs. Le 2 septembre, un avion du camp retranché de Paris signale que l'armée Von Kluck infléchit le sens de sa progression vers le sud-est, en direction de Meaux, cherchant, vraisemblablement à éliminer le corps britannique du général French et à surprendre le gros de l'armée française en pleine retraite. Ces renseignements sont confirmés, le lendemain par les avions de la VIe armée du général Maunoury ; mais, le chef du 2e bureau de cette même armée, le commandant Dûtilleul, qui dispose de renseignements concernant les consignes qu'a reçu Von Kluck d'encercler Paris par le nord et l'ouest hésite à ajouter foi aux renseignements aériens. Heureusement, le gouverneur militaire de Paris, le général Gallieni, appuyé par le Général French, est très favorable à la cause de l'aéronautique. Il parvient à convaincre le général Joffre d'ordonner la contre-attaque sur le flanc droit de l'armée allemande. Elle a lieu le 6 septembre ; c'est l'histoire bien connue aujourd'hui des taxis parisiens qui transportent les troupes de Paris vers Nanteuil-le-Haudouin ; l'armée allemande est stoppée. Cet événement reste, à jamais, connu dans l'histoire de France, comme celui de la Victoire de la Marne.
La guerre se poursuivra encore quatre ans, mais l'aviation apparaît maintenant, comme l'arme indispensable à toute opération militaire. On tire un premier enseignement des premiers combats ; tous les avions ne sont pas bien adaptés aux tâches qu'on leur demande d'exécuter : en particulier, l'observation ; ou bien ils sont trop fragiles, ou trop lents ou encore pas assez puissants. Par ailleurs, la trop grande diversité des modèles en service soulève de nombreux....