Le poste de pilotage est semblable au premier, mais le poste de travail du navigateur a disparu, comme, d'ailleurs, sur tous les autres avions de ligne de cette époque ; il ne reste qu'un siège pour l'équipage.
Pour permettre la circulation, la rangée des sièges de gauche a été enlevée jusqu'au niveau de la porte de sortie. Il ne reste que la rangée de droite, protégée par une plaque de plexiglas. Les sièges sont bien, mais cela n'a rien du grand luxe. Avec les coffres pour les bagages de cabine qui limitent l'espace par le haut, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de place pour circuler. Et les hublots ! Ils sont vraiment tout petits. Il est vrai qu'à 20.000 mètres, il n'y a pas grand-chose à voir, surtout si on survole l'océan. Si on les a gardés, c'est, paraît-il pour rassurer les claustrophobes, mais, en fait, ils ne servent à rien.
On quitte l'avion par la porte médiane. En passant, on découvre la partie arrière de l'appareil où un diorama nous montre la cabine passagers des " CONCORDE " en exploitation commerciale, avec, comme il se doit, la charmante hôtesse qu'on souhaiterait bien vivante.
La visite est terminée ; en dehors de l'aménagement intérieur qui saute aux yeux, quelles sont les différences entre les deux appareils que nous avons remarquées ? Les unes se voient, les autres non ; cherchons à les découvrir.
Les deux avions sont présentés dans la configuration " vol supersonique " ; les nez sont, tous les deux, relevés, mais, pour diminuer la traînée aérodynamique, une visière opaque aveugle complètement le pare-brise du prototype, alors qu'une tout autre disposition a été retenue pour l'avion de série, afin de permettre à l'équipage d'avoir une meilleure visibilité vers l'avant.
Dés la sortie, sur la passerelle, on peut voir les ailes des deux avions et constater que les extrémités sont très différentes ; celles du " SD " sont plus carrées, moins arrondies, en un mot moins harmonieuses que celles du premier. Manifestement, les ailes, si elles se ressemblent beaucoup, ne sont pas tout à fait les mêmes.
Nous venons de sortir par une porte latérale alors que nous étions rentrés par une porte arrière qui n'existe plus sur l'avion de série.
Sur le train avant du " SD ", on découvre des plaques métalliques dont le but est de dévier l'eau pouvant se trouver sur la piste. Ce dispositif n'existait pas encore sur le 001.
On peut voir aussi que les réacteurs " Olympus " ne sont pas identiques (on le savait, mais, c'est bien visible) ; les volets d'inversion de jet, qui servent aussi à la régulation de poussée, sont nettement en évidence, à la sortie de la tuyère d'éjection de l'avion de série, alors que ces dispositifs se font beaucoup plus discrets chez les réacteurs du prototype.
Visible aussi, le " SD " dispose d'une roulette de queue, pendant que le " SS " doit se contenter d'une béquille.
A l'œil, et bien que la différence soit de plusieurs mètres, on ne réalise pas vraiment que le " SD "
est plus grand que son ancien. Ce qui se voit, c'est la longueur de cette espèce de tarière qui prolonge la dérive. Difficile aussi de trouver une différence dans les dérives, comme tendrait à le faire supposer la présentation qui en est faite dans " Pégase " N° 82 de janvier 1996.
Petite différence aussi, la prise électrique de parc sur le train avant du prototype au lieu du côté droit de l'avion de série.
Et puis, il doit bien y avoir d'autres différences que je n'ai pas remarquées.
Ah, si ! une question : pourquoi les pneus du " SD " sont-ils tout neufs, alors que ceux du " 001 " sont usés jusqu'à la corde ? c'est parce que les jantes des roues n'ont pas exactement le même diamètre. Celles du prototype sont inférieures d'un pouce à celles de l'avion de série et, pour elles, il n'y a plus de pneus de rechange. Mais ça, je ne l'ai pas trouvé tout seul.
Amis de l'A.A.M.A, si vous n'avez pas encore vu la nouvelle présentation des deux " CONCORDE " au Musée de l'Air et de l'Espace, allez-y vite ( 1 ), amenez vos parents et connaissances. Cette présentation est, et restera, par la force des choses, unique au monde.
JEAN-PAUL REYNAUD
Association des Amis du Musée de l'Air
(1) La visite est gratuite aux membres de l'A.A.M.A. Une fiche spéciale leur sera donnée, à la caisse centrale, sur présentation de leur carte de membre, à jour de cotisation.