....indigènes, jusqu'au jour où, ses parents, fortune faite, décident de revenir aux Pays Bas afin d'assurer une bonne éducation au jeune Tony et à sa sœur Katharina. Ils s'installent à Haarlem en 1896. Mais l'enfant n'a aucun goût pour l'école où son père disait qu'il n'y ferait jamais rien de bon. Par contre, il se passionne pour les travaux manuels et le bricolage ; il fabrique des petits trains qu'il fait marcher avec des moteurs de sa conception, électriques ou à vapeur. La venue des frères Wright en France, en 1908 lui fait découvrir sa nouvelle passion : l'aviation. En 1910, il est exempté de service militaire, car on lui trouve les pieds plats. Il arrive à convaincre son père de ne pas l'envoyer à l'université en Hollande où, dit-il, il se couvrirait de ridicule et demande à partir en Allemagne, à Zalbach, où se trouve une école technique tournée vers l'automobile et l'aviation. Là-bas, il construit un avion qui est accidenté, puis un autre sur lequel il apprend tout seul à piloter. Il obtient le brevet de pilote N°88, le 16 mai 1911, à Mayence. En 1913, subjugué par les exploits du français Pégoud, il décide de se risquer, lui aussi, et devient le premier pilote à boucler la boucle dans le ciel allemand. Cela lui donne une certaine notoriété qui va le servir. C'est ainsi qu'en 1913, après avoir réussi les épreuves d'un concours portant sur la réalisation d'un appareil, il reçoit une proposition de l'Armée allemande pour construire des avions et former des pilotes. Il ouvre tout à la fois, une usine et une école, à Schwerin, à environ 200 km au nord de Berlin et il embauche 60 employés. Tout est au point au début de l'été 1914, quand la guerre éclate. Les commandes d'avions sont soudain multipliées par dix ; le petit atelier devient une usine avec 1200 ouvriers et Fokker, avec la poursuite des hostilités, devient une firme qui rivalise en puissance avec les plus importantes d'Allemagne. Quant au jeune Anthony, il s'impose, à 24 ans, comme constructeur, mais aussi, comme un homme d'affaires hors pair.
Pendant la Grande Guerre, les constructions les plus marquantes de Fokker sont les E I et III, qui arrivent sur le front en 1915 et sont bientôt équipés du système de synchronisation permettant le tir à travers le disque de l'hélice ; le Dr I, célèbre triplan équipé du moteur Le Rhône de 110 CV que les Allemands construisent sous licence dans leur usine d'Oberursel depuis avant-guerre et qui reste, à jamais attaché à la légende du " Baron Rouge ", Von Richthofen ; et enfin le D VII.
Le 25 janvier 1918, au centre militaire de l'aéronautique de Johannistal, ce dernier avion est....