Inauguration du Hangar BERMUDA le 4 Décembre 2008.
Gerard Feldzer, directeur du Musée a inauguré le Hangar Bermuda le jeudi 4 décembre 2008 en présence du secrétaire d’état chargé de l’égalité des chances et de Roland de La POYPE, ancien du Normandie Niemen, compagnon de la Libération et héros de l’Union Soviétique.
La tutelle qui a financé le hangar, c’est-à-dire le ministère de la Défense, était représentée par la DMPA (Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives) et une importante délégation de l’Armée de l’Air dont le colonel Hammet responsable des relations avec le Musée ( il est chargé de la rénovation du Hall de la cocarde).
Ce hangar abrite l’association les ailes de la ville qui a pour objectif de contribuer à réinsérer dans la société des jeunes du département 93 en les associant à des travaux de construction d’un ULM et de restauration de l’hydravion Bermuda. Un chantier futur pourrait être consacré à la restauration de la Caravelle du général de Gaulle. 15 jeunes du département dont deux filles constituent la première promotion. Une embauche dans un métier aéronautique devrait suivre à l’issue de la formation qui devrait durer de 6 à 9mois (cf Pégase N°130 ; nouvelles du Musée).
L’Etat, le conseil général, le département, l’Union Européenne (le FEDER), le GIFAS...contribuent au financement de l’association.
Pour sa part l’AAMA (Mr Chouleur et Mr Garnier) apporte sa collaboration à l’association en fournissant des guides qui, lors de visites guidées du Musée, apportent aux stagiaires une connaissance des techniques aéronautiques et de l’histoire de l’aéronautique.
Christian Tilatti, conservateur du Musée, a présenté l’historique du Bermuda en cours de restauration:
Le Sandrigham Bermuda a été construit en Angleterre à Rochester en 1944. C’est l’une des versions civiles du Short Sunderland utilisé dans l’aéronautique navale britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le Sunderland s’affirme comme le meilleur appareil de patrouille maritime du Commonwealth.
En 1947, la BOAC, fait l’acquisition de 3 hydravions Short Sunderland qui sont modifiés en Bermuda pour recevoir des passagers.
En service à la compagnie aérienne BOAC jusqu’en 1950 sur les lignes d’Extrême Orient et baptisé « Saint Georges », l’exemplaire du musée est vendu au capitaine P. GordonTaylor, un australien célèbre pour avoir le premier réalisé la liaison aérienne Australie Chili avec un hydravion Catalina.
Sir Gordon Taylor utilise l’hydravion rebaptisé « Fregate bird III » pour des liaisons locales en Australie et organise des croisières aériennes dans les iles du Pacifique. L’hydravion qui possède un bar au premier niveau peut transporter 22 passagers.
L’hydravion est ensuite vendu à la compagnie française TAI (Transports Aériens Intercontinentaux, créée en 1946 elle rejoint la compagnie UTA en 1963) pour sa filiale du Pacifique, la RAI (Réseau Aérien Interinsulaire) qui dessert les principales iles polynésiennes dépourvues de pistes d’atterrissage.
Confié au commandant Pearson en 1958 et équipé de 45 sièges le Bermuda F-OBIP assure jusqu’en 1970 les liaisons entre Tahiti et les Iles sous le Vent. Il est alors remplacé par des DC4.
En 1971 « The Aviation historical society of Australia » lance une souscription pour acquerir le Bermuda mais renonce faute de pouvoir transporter sur des milliers de kilomètre un appareil pesant 20 tonnes et mesurant 34 mètres d’envergure, 26 mètres de long et 10 mètres de hauteur.
Menacé de destruction, l’appareil est racheté par Douglas Pearson puis cédé au Musée de l’Air qui en organise le transport de 13000 KM entre Papeete et Le Bourget.
Au printemps 1978 l’appareil, démonté sur place, partiellement mis en caisse (22 caisses) est transporté par le TCD (transport de chalands de débarquement) OURAGAN de la Marine Nationale jusqu’à l’arsenal de Brest. Transbordé sur un Batral (Bâtiment de transport léger) de la marine nationale, il rejoint Rouen où transbordé une nouvelle fois sur une barge du port autonome de Rouen il termine son périple au port de Gennevilliers. Les 23 derniers kilomètres ont été réalisés par voie routière.
Roland LE BOURDONNEC.