....prendre un peu de repos, car pendant ces quelques mois, lui et son pilote, avaient obtenu 19 victoires dont 18 homologuées.
Comme chacun se souvient, Georges Guynemer a été abattu le 11 septembre 1917 à Poelkapelle en Belgique (son avion était le SPAD XIII N°504 qui s'appelait lui aussi, bien sûr, " Le Vieux Charles"). Les troupes allemandes ont à peine eu le temps d'identifier la victime qu'un tir d'artillerie extrêmement nourri a dispersé les restes de l'homme et de la machine. On n'a jamais plus retrouvé le corps de Guynemer. C'est ainsi que le 19 octobre 1917, dans la cour de l'Hôtel des invalides, à Paris, les honneurs militaires qui étaient dus au pilote ont été rendus à l'appareil qui l'avait si bien transporté dans ce Ciel de Gloire que la légende retiendra.
Le SPAD VII N°254 est resté exposé au Musée de l'Armée jusqu'en 1969. L'État Major de l'Armée de Terre, pensant alors que cette glorieuse relique de l'aéronautique devait être remise à l'Armée de l'Air, en a fait don à l'École de l'Air dont la devise : "Faire Face" est celle de Georges Guynemer. L'avion fut exposé, pendant quelques années encore, dans le hall d'Honneur de l'école des futurs officiers de l'Armée de l'Air.
Le temps passant, l'avion avait besoin d'une sérieuse restauration. Il fut alors décidé de le confier au Musée de l'Air et de l'Espace afin que cette tache puisse être menée à bien.
L'avion a été désentoilé ; tout ce qui était pourri ou trop corrodé a été changé; un nouvel entoilage en dralon a été posé ; mais sur ce tissu moderne solide, on a recollé la vieille toile encore intacte. Depuis 1987, il est exposé dans la Grande Galerie et les visiteurs du Musée ont donc sous les yeux, tel qu'il se présentait dans ce printemps de 1917, sur les champs de bataille où la tragédie et la gloire se mélangeaient tous les jours, l'avion sur lequel l'As le plus célèbre de l'aéronautique française a remporté le plus grand nombre de ses victoires.
En lui-même, cet avion devrait être présenté comme un véritable monument dédié au souvenir de tous les personnels navigants de toutes les guerres qui ont combattu, ont souffert et souvent sont morts pour leur Patrie. Il mérite, n'en doutons pas, qu'une place à part soit réservée pour lui tout seul au sein des collections du Musée, aussi prestigieuses soient-elles.